Histoire

L’histoire de l’église luthérienne de Genève – un survol

Origines
~1520
des négociants allemands répandent les idées de la réforme à Genève.
1536
sous l’ impulsion de Jean Calvin la réforme est adoptée à Genève.
1685
révocation de l’ Edit de Nantes; deuxième vague de réfugiés huguenots. Les luthériens aussi perdent leurs emplacements de culte en France.

Fondation de l’ Eglise luthérienne à Genève
~1702
elcgetchingavec le soutien du roi Frédérique 1er de Prusse, des négociants allemands de Lyon sollicitent des autorités genevoises l’ auto­ri­sation de célébrer un culte de Sainte Cène luthérien  à Genève. Après avoir demandé l’ avis de la Vénérable Compagnie des pasteurs et des grands théologiens Benedict Pictet et Jean-Alphonse Turrettini, les autorités donnent une réponse positive. En date du 22 avril 1707, la Compagnie des pasteurs écrit:
„Quelques particuliers de la Confession d’Augsbourg ayant demandé, il y a quelques années, la permission de communier ici de tems en tems, de la main d’un de leurs Ministres, notre compagnie, qui fut convoquée deux fois pour en délibérer, y donna unanimement les mains. Après quoi, ayant porté cet avis à notre Magistrat, il ne se fit aucune peine de leur accorder leur demande.“
28.8.1707
Maître Anton Schulz célèbre le premier culte luthérien dans une salle louée à cet effet

Les premières décenies
1707-66
les cultes ont lieu dans une salle provisoire (arrière salle de la maison sise au coin de la rue de la Cité et de la rue Basse-des-Alle­mands-dessus). Comme aucune autre Eglise non réformée n’ est autorisée jusqu’ en 1815, ces cultes ont un caractère oecuménique.
1717-21
la communauté, supportée  par les six fon­dateurs, connaît des difficultés financières. On s’ adresse au duc Frédérique II se Saxe-Gotha, dont les fils ont été membres de la com­munauté durant leurs études à Genève. le duc apporte son soutien par un don, puis assume le protectorat de l’ Eglise (entre autre en mettant à disposition les pasteurs).
1731
la première constitution de l’ Eglise, sur la base de la Confession d’ Augsbourg, est entérinée par le duc Frédérique II; contrôle par le consistoire de Gotha.
1745
survient un bref conflit avec le consistoire de Genève: des luthériens violent les strictes règles régissant la vie sociale en pratiquant des distractions coupables tels que le jeu de cartes, la fréquentation de tavernes et salles de dance. Même l’ intervention de Gotha ne sert à rien. Les autorités genevoises tiennent à ce que les luthériens soient soumis aux lois locales.

Construction de l’ église
1762
avec l’ aide de dons de différentes principautés allemandes, la communauté achète le château de Coudrée, alors très délabré, le fait raser jusqu’ à la voute de la cave et fait construire le bâtiment actuel (qui avait reçu comme pre­scription de ne pas avoir l’ apparence extéri­eure d’ une église).
9.2 1766
inauguration solennelle de la nouvelle église  en présence du gouvernement genevois et de la toujours bienveillante Compagnie des pas­teurs.

Les années troubles
1782-86
dans un climat de troubles sociaux, l’ église est réquisitionnée, d’ abord par les troupes bernoises puis françaises, et fonctionne comme corps de garde. Les réformés mettent la chapelle des Macchabées, à la cathédrale, à disposition pour la célébration du culte (hos­pitalité eucharistique avec ceux-ci).
1794
par défiance envers la direction de la paroisse, composée exclusivement des familles fondatrices, qui revendique la propriété de l’ église, celle-ci est occupée par des paroissiens du club des Jacobins “Guillaume Tell” qui y célèbrent le culte. Les autorités genevoises offrent leur médiation et confirment les droits de propriété avec un contrôle financier.
1813-15
les autorités d’ occupation autrichiennes organisent un lazaret dans l’ église. Jusqu’ au rattachement de Genève à la Suisse, les cultes ont lieu à l’ “Auditoire Calvin”.

Le renouveau du 19e siècle
1821
achat du “Home St Pierre” (foyer de jeunes filles).
1850
dans le cadre des réformes administratives de James Fazy, l’ Eglise est transformée en “Fondation”. Nouveaux statuts, inventaire des  biens et nouveau nom:  Direction de l’ Eglise luthérienne allemande à Genève.
1859
création d’ une école allemande (“Deutschen Schule”) à la rue des Chaudronniers, de l’ association des jeunes et des femmes (soutien aux nécessiteux); engagement  d’ une dia­co­nesse.
1864
création de la société allemande d’ entraide.
1871
arrivée des réfugiés de guerre français.

L’ empereur d’ Allemagne comme protecteur de l’ Eglise
1874
la paroisse demande à  l’ “ev. Oberkirchenrat” à Berlin son agrégation comme paroisse à l’ étranger, à la suite de quoi le protectorat passe de la maison ducale de Gotha à l’ empereur d’ Allemagne (prière d’ intercession!).
1882
mise sur pied d’ une assistance sociale pour les garçons de café et d’ un ” foyer dominical” pour les employées de maison.
1907
bicentenaire en tant que “Communauté allemande”; création du choeur paroissial (depuis 1892 vraies orgues).
1910
les femmes reçoivent l’ éligibilité au sein de la paroisse; à partir de 1921, elles peuvent être élues au directoire (l’ “Oberkirchenrat” s’ y opposait).
1914-
soirées de femmes: soutien aux soldats allemands. Du fait de l’ hostilité croissante, le nombre des  paroissiensdiminue.
1915
première édition du “Gemeindebote” (env. 500 exemplaires jusqu’ en 1952).
1916-60
location d’ une salle de paroisse (à la prome­nade St-Antoine, plus tard à la rue Tabazan).
1921
l’ église luthérienne est classée monument historique.
1925
adhésion au „dt. evang. Kirchenbund“ (Union des églises évang. luth. alle­mandes); adapta­tion des statuts au droit suisse des associa­tions. En tant que corporation de droit suisse, l’ Eglise conserve ses biens en 1945.
1926
„Alliance“ avec les Eglises genevoises de langue allemande (par ex. semaine de prière en janvier).
1933-
tensions internes. Certains sympathisent avec les „Chrétiens allemands“ et le nouveau régime; la direction cherche à faire rappeler le pasteur qui prend ses distances avec ces ten­dances.
1939-45
forte réduction du nombre des paroissiens et des moyens financiers; assistance aux soldats allemands internés.

Nouveau départ
1950-
avec la création du Conseil Oecuménique des Eglises, de l’ Alliance Luthérienne Mondiale et de nombreuses organisations internationales,  de nombreux luthériens et Allemands arrivent à Genève; cultes réguliers en plusieurs langues.
1954
l’ „Eglise luthérienne allemande“ devient l’ „Eglise évangélique luthérienne de Genève“; intégration des communautés anglophones et scandinaves; création du Conseil de l’ Eglise.
1956
contrat avec la EKD (Union des Eglises luthériennes allemandes); la Sainte Cène de­vient partie centrale du culte.
1956-73
cercle des jeunes (jusqu’ à 120 jeunes entre 18 25 ans; oecuménique).
1957
fête des 250 ans; rénovation de l’ intérieur de l’ église (nouvel orgue en 1969).
1959
le tirage du “Gemeindebote” s’ élève à 1600 exemplaires.
1963
bazar de bienfaisance des dames; à parir de 1971 soutien régulier à des projets de déve­loppement (bientôt 10% du budget).
1967
introduction du café après culte dans la nouvelle salle de paroisse (à partir de 1978, les paroissiens prennent en charge la fonction de sacristain).
1971
adhésion au RECG (rassemblement des églises genevoises).
1971-
du fait de la limitation de l’ immigration, le nombre des paroissiens recule lentement (à partir de 1977, plus d’ assistante de paroisse).
1980
nouveaux statuts de la ELKG: les deux pa­roisses germanophone et anglophone sont mises sur un pied d’ égalité (Un Conseil de l’ Eglise commun veille à l’ entretien du bâti­ment).
1989-91
vaste campagne de restauration avec modi­fication de l’ organisation spatiale intérieure ( autel circulaire; cultes au temple de la Made­leine avec les réformés allé­ma­niques).
1990
adhésion à l’ union des Eglises luthériennes de Suisse (BELK CH).
1992
cofondation de la „Plateforme interreligieuse de Genève“.

Sources:
Karl Daniel „Die Deutsche Lutherische Kirche in Genf zum zwei­hundertjährigen Jubiläum“ Genève, 1907
Pfr. Helmut Hoyer, „Gemeindebote“, nov/dec 1975
„Evangelisch-Lutherische Kirche in Genf“, Plaquette à l’ occasion de la restauration de l’ église, contribution de Ursula Bühler et Karl-Ernst Geith, Genève 1991